L’essor récent du vélo à Paris : comment gé(né)rer d’importants flux de cyclistes ?
[Pause technique n°2] Si vous n’êtes pas retourné·e à Paris depuis cinq ou dix ans, vous serez sûrement surpris·e lors de votre prochaine visite : le nombre de cyclistes a littéralement bondi ces dernières années ! Transitec publie un document qui décrypte comment cette dynamique parisienne s’est enclenchée et quels enseignements peuvent être tirés pour d’autres agglomérations.
Pour lire le document dans son intégralité, cliquez ci-dessous : Pause technique no 2 - L'essor récent du vélo à Paris : comment gé(né)rer d'importants flux cyclistes ? |
La pratique du vélo à Paris avait déjà été multipliée
par 2,5 en presque vingt ans depuis les années 2000, mais depuis 2018, la
bicyclette semble avoir pris son envol puisque son usage a encore été multiplié
par 2 en moins de quatre années !
Il est utile de remonter plusieurs décennies d’histoire du vélo à Paris pour mieux identifier comment cet essor a pu se produire. Une analyse rétrospective permet
ainsi de faire ressortir plusieurs éléments favorables à cette accélération,
tels que : le développement d’un réseau maillé et hiérarchisé, des
aménagements de plus en plus qualitatifs et le déploiement de services vélos.
Pour concevoir ces stratégies, un vaste écosystème d’acteurs compétents et
mobilisés dans les secteurs public, privé ou associatif s’est constitué et a su
saisir les opportunités créées par les crises. En effet, d’importants épisodes
de grèves des transports publics ont mis la mobilité parisienne à rude épreuve,
une épreuve dans laquelle la bicyclette et les micro-mobilités se sont
illustrées en permettant aux gens d’atteindre leurs destinations malgré tout.
Ces modes individuels légers ont constitué des alliés pour renforcer la
résilience du système de transport.
Une attention particulière sur les cas de la rue Rivoli et de la place de la Bastille permet de tirer plusieurs enseignements utiles :
- les aménagements-tests permettent un développement rapide du réseau à moindre frais. Ils sont particulièrement intéressants pour créer des connexions qui n’existent pas du tout à l’état initial ;
- En restant assez facilement malléables, ces aménagements peuvent être ajustés pour s’adapter à la demande qu’ils génèrent : on évite alors qu’ils soient sous-dimensionnés et on peut observer la conséquence d’une hausse des flux de cyclistes autour du périmètre et prendre d’éventuelles mesures d’accompagnement;
- La conception des intersections mérite d’être considérée au plus tôt dans les études de faisabilité ;
- De manière générale, la conception des infrastructures doit anticiper la « mise en charge » et correspondre aux flux futurs visés.
Si l’exemple de Paris est instructif sur la manière de favoriser l’essor du vélo, il faut reconnaitre que ce processus s’est
étalé sur plusieurs dizaines d’années. Au vu des enjeux climatiques actuels,
les villes peuvent accélérer ce processus, à condition d’agir en parallèle sur
les trois axes de progression que sont : 1 – le réseau et ses
infrastructures, 2 – les services donnant accès aux véhicules et aux
compétences et 3 – la mise en valeur des usages actuels. Il s’agit de mettre en
œuvre des mesures assez simples pour être généralisées à l’ensemble de la ville
et de mesures-phares, plus localisées, pour tirer le niveau de qualité des
aménagements vers le haut. La chance dont disposent les villes
aujourd’hui, c’est de bénéficier d’enseignements pour générer de
forts flux cyclistes tout en disposant déjà de retours
d’expériences sur la façon de les gérer lorsque la pratique est forte.
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