Cartographier les lignes de transport artisanal à Accra : mission accomplie !

Dans le cadre du projet GUMAP (Ghana Urban Mobility and Accessibility Project), financé par le Secrétariat d'État suisse à l'économie (SECO) et mis en œuvre par le ministère ghanéen des collectivités locales, de la décentralisation et du développement rural (MLGDRD), Transitec et Transport for Cairo (TfC) ont cartographié le réseau de transport artisanal et analysé les flux de passagers dans le Grand Accra (GAMA).

L'un des problèmes majeurs de la mobilité urbaine dans le Grand Accra (GAMA) est la performance insatisfaisante des transports publics, qui sont essentiellement assurés par des minibus appelés "trotros" et des taxis partagés. Cependant, on sait peu de choses sur les caractéristiques opérationnelles des lignes de trotros et de taxi dans GAMA. En l'absence de données de base décrivant les services opérant sous leur juridiction, il est difficile pour les départements de transport (DoT) des municipalités de GAMA de planifier et de réglementer efficacement ces services. Dans cette optique, Transitec a lancé en mars 2021 une assistance technique visant à constituer des bases de données et des cartes des lignes de transport public et des flux de passagers dans GAMA. Les objectifs spécifiques de cette mission étaient les suivants :

  • définir une méthodologie simplifiée pour la collecte et la mise à jour des données ;
  • former les DoTs à l’exercice de collecte et à l’analyse des données collectées ;
  • établir une base de données consolidée couvrant un échantillon de lignes dans GAMA, y compris des données sur les caractéristiques spatiales et les performances de ces lignes.

Pour atteindre au mieux ces objectifs, une campagne de collecte de données a été lancée, avec deux types d'enquêtes :

  • des enquêtes embarquées - Elles ont permis de récolter des données sur les lignes de trotro en enregistrant les trajets réels effectués sur ces itinéraires. Les enquêteurs montent à bord des véhicules en début de ligne et enregistrent divers attributs, notamment :

o   la distance parcourue, la durée, la vitesse et le parcours

o   la localisation et le nom du terminal et des arrêts

o   le nombre de passagers montant et descendant à chaque arrêt.

  • des enquêtes de fréquence – Celles-ci ont permis de calculer les temps de parcours et d’estimer la demande sur chaque ligne. Cela consistait pour les enquêteurs à enregistrer dans les terminaux les horaires de départ des véhicules sur chacune des lignes étudiées.

Sur les 110 lignes étudiées, les observations suivantes ont pu être faites :

  • Les lignes interurbaines de trotro ont une distance moyenne de 16km (par sens) et la plupart des déplacements ont une distance inférieure à 30km.
  • 50% des trotros enquêtés ont une fréquence inférieure à 20min et 75% ont une fréquence inférieure à 32min. La fréquence moyenne est de 24min.
  • Les trotros ont pour origine et destination les principaux terminaux (Lapaz, Madina etc.) pour lesquels des investissements seraient nécessaires afin d’améliorer l’intermodalité, le temps de trajet et l’expérience des usagers.
  • Les trotros et les taxis partagés ont une grille tarifaire basée sur la distance, avec des tarifs supérieurs pour les taxis partagés. Cela s’explique par la plus faible capacité des taxis et leur capacité à se remplir plus vite.

Cet exercice servira de base à de futures mises à jour de la base de données mais aussi à une meilleure réglementation des services de transport par les DoTs. 

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